Les passantes, Brassens, Antoine Pol.

Cette semaine, je partage avec vous cette magnifique et si émouvante chanson de Brassens « Les passantes« . Les paroles sont du poète Antoine Pol. L’histoire de cette chanson est étonnante et belle:

« L’un des grands regrets de Georges Brassens fut de n’avoir pas pu rencontrer Antoine Pol. Brassens avait contacté le poète pour lui demander l’autorisation de mettre son poème « Les Passantes » en musique. Le poète accepta mais mourut une semaine avant la date de la rencontre ! Antoine Pol ne figure pas dans les anthologies, mais son superbe texte  » Les Passantes  » est devenu mondialement connu.
Antoine Pol est connu pour un poème: Les Passantes . Ce poème fit à lui seul sa notoriété. Il ne nous serait peut-être jamais parvenu si Georges Brassens ne l’avait déniché un jour de 1947 au marché aux puces. Il est tiré des « Emotions poétiques.


Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
on songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir          Antoine Pol en 1913.

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J’ai choisi Jean Béraud, peintre du Paris de la Belle Époque , pour évoquer ces passantes. Belle et douce semaine. Bises bretonnes!

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29 réflexions sur “Les passantes, Brassens, Antoine Pol.

  1. Coucou ma chère Éveline 💕💕.
    Je ne connaissais pas du tout cette chanson de Brassens…
    Quel joli air et avec la guitare c’est magnifique ! Vraiment !💕
    Quant aux peintures, j’imaginais toi, Solène et toutes nos amies communes se baladant en bordure de mer dans ta merveilleuse Bretagne…. De bien jolies passantes tout comme ces magnifiques œuvres que j’aime beaucoup…
    Merci encore pour tous tes partages que tu nous offres…
    Je te fais de gros bisous 💋💕💕💕💕💕

    Aimé par 1 personne

  2. Oui, ce poème est très beau!
    On a tous croisé quelqu’un qui a attiré notre regard; la rêverie qui suit est vite en mouvement… C’est romantique à souhait puisque cette personne aperçue est idéalisée.
    Si on écoute les mots, la poésie d’Antoine Pol, la voix si particulière de Georges Brassens, on est transporté!
    C’est le but de nos poètes et chanteurs: nous entraîner dans un espace de rêverie (diverses selon le thème).
    Les tableaux de Jean Béraud sont juste sublimes. J’ai l’impression d’entendre les robes ‘bruisser’, les sabots des chevaux claquer sur les pavés…
    Ton choix et ton partage font beaucoup de bien. C’est bien vrai que l’actualité de ces derniers jours fait peur. Tu nous offre une consolation pleine de tendresse. Merci, Eveline. Bises.

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  3. J’apprécie énormément ce texte mis en musique par Mr Brassens ; j’ai baignée dans ses chansons dès mon enfance et ma petite dernière qui a 22 ans maintenant dansait sur Brassens lorsqu’elle était petite, c’est te dire … j’aime aussi beaucoup le duo des passantes avec Georges Brassens et Maxime le Forestier, il me semble que c’etait lors d’un grand échiquier … et bien sûr la reprise de Francis Cabrel … bisous … avec le soleil qui se lève la journée promet d’être belle, et merci pour ce rappel Evelyne

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