J’ai longtemps marché….

J’ai longtemps marché

Au bord du précipice
Mon foulard s’est envolé
Et des souvenirs en pagaille
Dans ma tête sursautaient.

J’ai longtemps marché…

Le ciel sur moi est tombé
Je ne l’ai pas entendu
Et la lumière s’est éteinte
Les projecteurs se sont tus.

J’ai longtemps marché…

Des flashbacks enchaînés
Sur le fil de la vie
Des cailloux dans les poches
Égratignaient mes envies.

J’ai longtemps marché…

Dans mes paumes de main
J’ai caché la voie lactée
En un claquement de doigts
Les étoiles se sont marrées.

J’ai longtemps marché…

Au bord du précipice
Mon regard s’est fixé
Un pas en avant
Trois pas en arrière
Il n’est pas trop tard
Pour bien faire
Non, il n’est pas trop tard…

J’ai longtemps marché,
J’ai longtemps marché,
J’ai longtemps marché…

( extrait de Sur un fil…)

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Sandrine Davin est née en 1975 à Grenoble où elle réside toujours.
Elle est primée par la Société des poètes français pour l’un de ses poèmes, « Lettre d’un soldat ».
Déjà auteure de huit recueils de poésie, elle renouvelle l’expérience avec un neuvième recueil intitulé « Dans la nuit sourde ».

Dans la nuit sourde
Les silences résonnent sans fin
Et sur les murs d’absence
Les sourires se figent
Sans bruit….

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« Je suis heureuse de vous retrouver et de partager avec vous ce poème de Sandrine Davin que j’ai associé aux  petits êtres de Maiko Kobayashi qui sous leurs airs naïfs cachent dans leurs yeux et leurs attitudes une immense solitude.

J’ai la chance d’avoir passé un été très entouré par ma famille, mes amis mais j’ai vu tant de solitude et de désarroi dans certains regards croisés au fil de ces mois d’été que j’ai souhaité en parler avec vous. Triste constat mais bien réel. »

bises bretonnes à tous ………
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27 commentaires

  1. Il y a tellement de petites filles sur la banquise qui se transforment en souffrances d’adultes inavouées et qui éteignent le regard ! Tellement de personnes qui marchent à côté d’elle même sans se reconnaître ! Heureusement toi et moi nous avons une famille formidable !!! Bisous Evelyne gardes ton beau regard sur le monde …

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  2. Comme c’est beau et touchant. D’autant plus touchant que ce poème fait quasiment echo a des ecrits récents…. oh oui, cette solitude et fuite en avant, ça me parle !
    Un bien joli partage rempli d’humanité et qui te ressemble. Je savais, oui je savais que je trouverai là des perles. Merci pour les decouvertes et merci d’être toi, toujours fidèle à toi-même. On peut être entouré d’amour, donner beaucoup d’amour aux siens, cela n’empêche pas d’avoir un regard plein de bienveillance pour ce qui nous entoure. La bienveillance, elle n’est d’ailleurs pas que dans le regard, elle remplit aussi nos coeurs. Et tu en es la preuve vivante.
    Merci pour tout. Bisous, a tres bientot ma chère Eveline. 😘❤🌹

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  3. Je rejoins tout à fait Joëlle ! la vie est belle malgré ces tragédies et ces vicissitudes, il en a toujours été ainsi et les Dieux n’y peuvent rien 😉 Le poème est sombre mais très jolie. Tu m’as fais découvrir ces illustrations. Merci pour ce beau partage. Gros bisous pour toi 🙂

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  4. J’ai pris le temps de méditer sur ce poème avant de commenter. Ces vers peuvent aussi refléter un manque de sens à donner à sa vie. Quand on se met à se poser la question “à quoi bon tout ça?”, on a beau être entouré, la vie devient totalement insipide et sans intérêt. C’est à l’intérieur de soi que l’on trouve la réponse et l’énergie ou le courage de faire les trois pas en arrière. Car il faut aussi du courage pour accepter de vivre parfois.
    Désolée pour ce commentaire bien sérieux. Merci pour ce billet, que tu n’aurais pas publié si tu n’étais pas soucieuse du bonheur des autres, Eveline. Bisous 😘

    P-S: plus qu’une centaine de pages et j’aurais fini de lire “Anna Karenine”… deux ans après, il était temps!

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  5. Les dessins et le poème s’harmonisent parfaitement.
    C’est une triste constatation, cette solitude! Notre société évolue dans ce sens, l’individualisme.
    Pourtant depuis des siècles, il semblait que l’Homme vivait en tribu, que le groupe les rendait moins vulnérable… On innove, et on oublie…
    Merci pour ce partage, Eveline; belle journée!

    Aimé par 1 personne

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