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le cidre,
Bien que non labellisé AOC (appellation d’origine contrôlée) comme le Cornouaillais, le cidre du Pays de Lorient jouit d’une belle réputation. Jusque dans les années 50, des charrettes de la campagne lorientaise en déchargeaient une quantité incroyable de barriques à Lorient. Le cidre de Guidel était si réputé que l’on disait que la commune n’avait connu que deux crimes dont certains vieux Guidélois ne savent toujours pas lequel a été le plus horrible : celui de Michel Henriot en 1934 au Loch et celui de soudards allemands, à l’été 44, qui défoncèrent des barriques de cidre pour s’en abreuver. En revanche, on moquait celui de Kervignac dont on disait « Chistr Kervignag, triwec’h sailhad dour b’ar varrikad ! » (Dix-huit seaux d’eau par barrique !)
Le coup de cid’ de tous les jours « On faisait du cidre après guerre, époque où l’on en buvait tous les jours, dans chacune des 167 exploitations de la commune qui livraient les commerces et les particuliers de Lorient, raconte Georges Névanen de Pont-Scorff. Je partais vers 7 heures, à pied, la charrette réservée aux seules barriques, le cheval allant tout le seul connaissait le chemin. » « Les Lorientais, ajoute Georges Le Moil, fils de couteliers de Lorient, allaient goûter le cidre dans les fermes avant de le commander. Ils repartaient le soir, sans plus trop savoir quels cidres ils avaient goûtés. On pouvait leur livrer n’importe quoi… »
Ce qui n’était pas le cas du Guidélois Job Calvar de Locmaria qui n’en expédiait que du bon à Oran à son frère responsable de l’Inscription maritime qui, en retour, lui envoyait par le pinardier Saint-Joseph du sénéclauze algérien. Echange (liquide) de bons procédés. Les racines de l’histoire du cidre à Lorient sont anciennes. « Hé ! Tu connais le Cid de Racine », demandait au bistrot de Fontaine Gallése, un client à un paysan de Kervignac. « Non, lui répond celui-ci, je connais que le cid’ de Job de Kerchopine.
 Une vieille tradition,  toujours d’actualité, La tradition cidrière au Pays de Lorient est attestée dans le roman Guionvac’h (1835) du Lorientais Dufihol, où le mendiant de Pucik en vendait dans son cabaret sur une grève de Guidel aux pêcheurs et contrebandiers parmi lesquels le grand Guionvarc’h pouvait en boire jusqu’à  » une demi-barrique sans que ses jambes s’en aperçoivent » . UlliacTrémadeure, au début du XIXe siècle, au pardon de » Notre Damedes  Fleurs » à Gestel, rapporte que « des tonneaux mis en perce, le cidre coulait à pleins bords » pour les danseurs.
Lucien GOURONG, nous raconte son Pays de Lorient

 

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Anne et Eugène Le Guerroué        » Les Vergers De Kermabo »
La cidrerie «Les vergers de Kermabo»: à Kermabo 56520 Guidel, tél. 02.97.65.94.38
Un Guillevic est obtenu à partir d’une seule pomme, « la Guillevic », originaire de Locoal-Mendon d’où elle se serait répandue dans tout le Pays de Lorient qui reste l’un de ses territoires de prédilection, grâce entre autres à l’action d’Anne et Eugène Le Guerroué ,des cidriers passionnés.
Quand on demande à Eugène Le Guerroué « C’est quoi le Guillevic ? », la réponse fuse : « C’est bon »!!!!! Il a, selon lui, une vraie féminité, confirmant sa réputation d’antan d’une boisson de femmes. Avec sa pétulance, sa longue onctuosité en bouche, sa richesse organoleptique, il procure en bouche une sensation de vive fraîcheur. « Un cidre dont la fabrication est à surveiller comme le lait sur le feu, avoue Eugène, si l’on veut conserver le maximum d’arômes. » Que voulez-vous qu’il fît, Eugène Le Guerroué, fils de paysans guidélois depuis des générations, après être passé par l’arsenal et avoir rencontré son épouse, normande pur jus, sinon du cidre ?
Lorsqu’ils reprennent en 1985, au village de Kermabo, la ferme familiale, alors laitière, ils décident de se consacrer entièrement à la pomme et de produire du cidre comme le faisaient les ancêtres d’Eugène. Dès 1991, ils élargissent leur gamme avec jus de pomme, fine, pommeau, grâce aux nombreuses variétés de leurs vergers avec lesquelles ils produisent un cidre fermier équilibré et, surtout, produit phare de la ferme, un Guillevic d’exception. Labellisés bios en 2012, ils commercialisent aujourd’hui un « Guillevic du Pays de Lorient » remarquable dont la cuvée de cette année offre une finesse de bulle, un nez délicat et fruité, une saveur douce et acidulée. « Le cidre est un produit vivant, donc changeant », expliquent les Le Guerroué qui vont laisser l’an prochain l’exploitation à leur fille qui, soyons en sûrs, perpétuera la passion de ses parents.142-335-thickbox

Yec’hed mad  !

guerroue-f451d                                                                                                                      A la vôtre !

très bon cidre fermier !!!!!